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FRANCOIS HOLLANDE. --Le premier secrétaire du PS n'imagine pas que Ségolène Royal soit absente du second tour. Il veut y offrir un « véritable choix »
« Nous n'attendons rien de François Bayrou »
| :Propos recueillis par Bruno Dive |
En meeting à Saint-Sever (Landes) aujourd'hui à 20 h 30, le premier secrétaire du PS annonce qu'il conduira, quoi qu'il arrive, la campagne des législatives.
« Sud Ouest ».
A quatre jours du premier tour, ne redoutez-vous pas une nouvelle élimination de la gauche, cette fois au profit de François Bayrou ?
François Hollande.
Quand s'est produit le 21 avril, nul ne l'avait imaginé. Aujourd'hui, on sait que cette menace existe, y compris avec Le Pen. Nous devons tout faire pour qu'un véritable choix s'offre aux Français au second tour. C'est une question politique mais aussi civique. Le vote utile ne doit pas seulement servir à empêcher, mais surtout à faire avancer, à changer et à réformer la France.
Michel Rocard et Bernard Kouchner n'ont-ils pas dit tout haut ce que beaucoup, au PS, pensent tout bas, à savoir qu'une alliance PS-UDF sera nécessaire à un moment donné ?
Non, parce que la plupart des socialistes sont réalistes. Nous n'avons aucune illusion sur le positionnement de François Bayrou. Sur les questions économiques et sociales, ses propositions sont voisines, voire cousines, de celles de Nicolas Sarkozy. Qu'il s'agisse du recours aux heures supplémentaires, de la diminution de l'impôt sur la fortune ou des exonérations de cotisations sociales sans contrepartie aux entreprises. Sans oublier le maintien du contrat nouvelle embauche (CNE). Nous n'avons donc rien à attendre de François Bayrou au lendemain du premier tour, lorsqu'il devra faire un choix. Précisément parce qu'il n'en fera aucun.
Mais comment Ségolène Royal peut-elle gagner au second tour avec une gauche qui plafonne entre 35 et 40 % au premier tour ?
Il y a des électeurs qui peuvent, au premier tour, ne pas se déclarer en faveur des candidats de gauche et qui, ensuite, feront passer leur volonté de changement avant tout. C'est ce qui peut permettre à Ségolène Royal de gagner. Il y aussi une hostilité à la démarche, au comportement, au vocabulaire et à la politique de Nicolas Sarkozy qui facilitera le rassemblement autour de Ségolène Royal.
La stratégie du second tour, c'est « tout sauf Sarkozy » ?
Non ! Ce doit être « tout pour le changement, le progrès, la solidarité entre les générations et entre les Français ». Sur ce plan, la candidature de Ségolène Royal est aux antipodes de celle de Nicolas Sarkozy. Par ses propositions, sa façon d'agir et sa conception du pouvoir. Elle met du lien là où Sarkozy provoque de la rupture.
Le contrat première chance, proposé par Ségolène Royal, est-ce vraiment une bonne idée, un an après le CPE ?
Oui, justement parce que le CPE était une mauvaise idée, de surcroît conçue en l'absence de toute concertation sociale. Le Parcours première chance permettra à des jeunes sans qualification, sans formation, sans aucune chance, donc, d'accéder à l'emploi, de pouvoir être embauchés dans une entreprise avec un contrat à durée indéterminée. L'employeur, et c'est bien normal, recevra alors une aide de l'Etat en contrepartie de l'effort qu'il consent pour former le jeune salarié.
La candidate se démarque souvent du projet socialiste. Cela ne gêne-t-il pas le premier secrétaire du PS ?
Il est normal que, tout en respectant les grandes orientations du projet socialiste, elle y ajoute sa singularité, sa liberté. Elle a aussi développé une démarche participative d'où sont sorties des propositions, notamment les emplois tremplins, la carte santé pour les jeunes et la lutte contre la vie chère. Sur les retraites, il ne s'agit pas de revenir à la situation d'avant la loi Fillon, mais de remettre à plat l'ensemble du dossier et d'utiliser le critère de la pénibilité pour fixer la durée de cotisation de chaque salarié.
Sur la fiscalité, vous êtes de nouveau en phase tous les deux ?
Oui. Elle a bien posé le principe selon lequel il ne faut pas augmenter les prélèvements obligatoires, mais ne pas se lancer non plus dans des baisses d'impôts qui avantageraient exclusivement les plus favorisés. S'il faut consentir des allégements, c'est en faveur des consommateurs et des ménages les plus modestes. C'est-à-dire l'inverse de ce que proposent Nicolas Sarkozy et François Bayrou avec le recours à la TVA sociale. Cette TVA n'étant sociale que parce qu'elle serait payée par tous les Français.
Comment voyez-vous votre rôle dans la France présidée par Ségolène Royal ?
Comme un premier secrétaire qui conduira la campagne des élections législatives et assurera ensuite la transition pour permettre à des équipes nouvelles d'organiser une majorité solide autour de Ségolène Royal.
Vous ne serez donc pas ministre, ni dans aucune fonction officielle ?
Je dois d'abord me préoccuper de faire gagner la gauche aux élections, présidentielle puis législatives. Je n'ai pas à me placer dans je ne sais quel scénario. On ne distribue pas les rôles, on ne se répartit pas les postes avant que les électeurs ne se soient prononcés.
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