Vendredi 5 janvier 2007 5 05 /01 /2007 15:13

"Nous avons une responsabilité particulière, léguée par l’histoire, celle d’être ou de redevenir la patrie des droits humains. "

Ségolène Royal a présenté ses voeux aux Français et indiqué "les urgences auxquelles il faut s'attaquer" lors d'une conférence de presse au Parti Socialiste.


"Je vous souhaite du fond du cœur une bonne et heureuse année 2007, pour vos projets, vos espoirs et aussi beaucoup de bonheur avec vos proches. Mais aussi la capacité à surmonter les épreuves de la vie et à repartir du bon pied.

2007 est une année exceptionnelle car nous allons choisir, dans quelques mois, dans quelle France nous voulons vivre ensemble et avec quelles valeurs nous voulons porter un nouvel élan.

Une campagne présidentielle est un moment unique et précieux pour modifier l’image d’un pays et lui redonner de l’énergie, pour retrouver les bases qui nous font tenir et avancer ensemble.

Aujourd’hui, je veux affirmer devant vous, en ce début d’année, les urgences auxquelles il faut s’attaquer avec l’autorité que détient la puissance publique et qui doit toujours agir au nom du peuple français.

Mon premier combat sera pour les familles

Le logement est la condition première d'une vie de famille sécurisée. Les inégalités criantes dans ce domaine doivent se réduire, pour assurer à toutes les familles une sécurité logement tout au long de la vie
".

Ségolène Royal a proposé "
quatre mesures concrètes :

- La construction des 120.000 logements sociaux dont on a besoin et qui faute d'obéissance à la loi SRU par certaines communes ne sont pas construits. L'Etat se substituera à la carence de ceux qui s'enferment dans l'égoïsme territorial en y lançant lui-même les programmes de logements nécessaires. Deux Français sur trois réunissent aujourd'hui les conditions de revenus pour accéder à un logement social à loyer modéré et pensent que leurs enfants en auront impérativement besoin.

- La création d'un service public de la caution pour permettre d'assurer les impayés de loyers et d'éviter les expulsions.

- Il faudra faire la mise en location des nombreux logements vacants spéculatifs. Pour cela seront surtaxés les logements inoccupés depuis plus de deux ans et sera donnée aux communes la possibilité de procéder à des acquisitions réquisitions.

- l'accès à la propriété sera favorisé et encouragé par l'extension des prêts gratuits. Je veux que notamment ceux qui ont fait l'effort dans le logement social de payer leur loyer pendant 15 ans puissent accéder à la propriété dans des conditions dont nous discuterons avec les organismes concernés.

- Enfin, avec les régions l'Etat aidera à la mise en place d'un programme massif de logements pour les étudiants et pour les jeunes travailleurs.

Mon deuxième combat sera pour l'éducation et les jeunes.

Tout enfant, au-delà de trois ans, doit pouvoir accéder à l’école maternelle et tout élève doit pouvoir bénéficier d’un accompagnement scolaire gratuit.

Enfin, tout jeune doit pouvoir sortir du système scolaire et universitaire avec un diplôme.

Aucun jeune ne doit rester au chômage plus de six mois, sans qu’une formation ou un contrat ne lui soit proposé.

L’Etat ouvrira un nouveau droit : chaque jeune, à sa majorité, disposera d’un prêt gratuit de 10.000 euros, garanti par l’Etat, pour lui permettre de construire son premier projet de vie.

Mon troisième combat, c’est la réconciliation des Français avec les entreprises pour permettre la création de richesses, c'est-à-dire le développement économique, social, environnemental. Car dans une économie moderne, ces trois piliers se tiennent.

Nous sommes la 5e puissance industrielle et nous devons ce rang aux au travail des Français qui conquièrent des marchés, innovent et prennent des risques.

Nous avons la capacité à mobiliser les compétences, à motiver les salariés, à investir dans le capital humain, à créer un dialogue social qui reste en France encore très archaïque.

Rigidité d’une culture du conflit plutôt que du dialogue, faute, entre autres, d’un syndicalisme de masse et respecté que j’appelle à construire. Et du bon fonctionnement des services publics qui contribue à l’efficacité de la France. Je l’expliquerai à nos amis européens.

Je veux que toutes les politiques publiques prennent en compte l’impératif écologique. Le changement climatique structurera l’évolution de la société dans les années qui viennent. Il est de la responsabilité de chacun – élus et citoyens, collectivités locales et entreprises – de se mobiliser face à cette urgence. Je veux faire de cette menace une opportunité et même une chance de progrès, d’innovation, de transformation de nos pratiques de production et de consommation.

Mon quatrième combat : je veux une France qui revient à la table d’une Europe qui protège et prépare l’avenir.

Remettre la France d’aplomb, c’est aussi faire vivre cette Europe par la preuve qui, seule, regagnera la confiance de ses citoyens.

Quand viendra le moment de la Présidence française, je veux réussir la réforme des institutions européennes pour que nous ayons les outils d’un fonctionnement plus démocratique et plus efficace.

Cette société, j’y crois et je sais la France capable de la réaliser.

Je veux que la nation se ressaisisse.

Je veux que l’Etat soit un messager d’espoir et l’instrument efficace du redressement de la France.

Je veux que nous osions tenter ce qui ne l’a jamais été et que l’action publique se soumette à une obligation de résultats, par un exercice du pouvoir simple, direct et authentique.

Je ne veux pas seulement donner à la France de nouvelles chances, je veux lui donner toutes ses chances.

Nous pouvons changer la France en réconciliant l’ordre et la justice, car seule la justice est facteur d’ordre. C’est à dire en faisant le pari de la démocratie et de notre intelligence collective, en nous respectant tout simplement.

Nous avons pour cela des forces immenses qui n’attendent que d’être mobilisées dans l’éducation et la recherche, encore faut-il que la nation leur assigne une mission et des moyens à la hauteur de ses attentes.

Nos interlocuteurs étrangers que je rencontre, et pas seulement les européens, me disent beaucoup attendre de la France. Car nous avons une responsabilité particulière, léguée par l’histoire, celle d’être ou de redevenir la patrie des droits humains.

Chers concitoyens, je vous adresse tous mes vœux de bonheur pour l’année 2007
".

Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Lundi 1 janvier 2007 1 01 /01 /2007 00:00
Par Rémy Royer - Publié dans : le blog des Landais
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Jeudi 28 décembre 2006 4 28 /12 /2006 11:27
Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Vendredi 22 décembre 2006 5 22 /12 /2006 19:12

Ségolène Royal a rassemblé samedi dernier à La Défense à côté de Paris les responsables de sa campagne pour l’élection présidentielle. Elle a fixé le cap « reconstruire la confiance avec l’électorat populaire » et « placer le peuple de France au cœur de la campagne ». Elle a investi ses mandataires et tous les responsables qui auront la charge d’animer la campagne, de rassembler autour de sa candidature et de construire la victoire populaire à laquelle elle se prépare. Le Conseil fédéral de la fédération des Landes du Parti Socialiste s'est réuni le Jeudi 21 Décembre afin d'avaliser le dispositif départemental.
 

Pour ce qui est de notre département, l’organigramme est ainsi arrêté :

  • Mandataire départemental de la candidate : Renaud LAGRAVE, Premier Secrétaire fédéral du PS
  • Mandataire financier : Dominique SAVARY
  • Président du Comité de soutien : Henri EMMANUELLI, Président du Conseil Général des Landes

Le premier fédéral aura la responsabilité d’animer un comité départemental de campagne composé :

  • des membres du Bureau fédéral du Parti Socialiste des Landes
  • de l'animatrice fédérale du Mouvement des Jeunes Socialistes
  • des responsables de la fédération des Landes du Parti Radical de Gauche
  • des responsables de la fédération des Landes du Mouvement des Républicains et Citoyens
  • des trois candidats aux élections législatives

La réunion de lancement de ce comité départemental de campagne est fixée au Vendredi 5 Janvier à 18H30 à la fédération des Landes du PS.

Une réunion des secrétaires et trésoriers des 95 sections socialistes landaises, des conseillers généraux et régionaux et des parlementaires aura lieu le Vendredi 12 Janvier à 19H00 à la salle de cinéma de RION des Landes.

Dès maintenant, plusieurs débats sont programmés d’ici le 4 février. Ils rassembleront citoyens, sympathisants, militants, voisins ou amis, autour des thèmes proposés par Ségolène Royal elle-même :

  • Vie chère et pouvoir d’achat,
  • Éducation et d’accès au premier emploi,
  • Sécurité, de lutte contre toutes les formes de violence,
  • Environnement, santé, développement.

Au delà des réunions qui seront organisées localament, 4 réunions participatives départementales sont d'ores et déjà programmées:

  1. à DAX, le 23 Janvier sur le thème de la vie chère
  2. à MONT DE MARSAN, le 25 Janvier à 20H30 au Chateau de Nahuques sur le thème du Logement
  3. à BISCARROSSE, le 26 Janvier sur le thème de la lutte contre les violences
  4. à CAPBRETON, le 2 Février sur le thème de l'environnement
Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Jeudi 21 décembre 2006 4 21 /12 /2006 16:24

"Avec vous, je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève!"

Ségolène Royal a organisé hier en Alsace le premier débat participatif de sa campagne présidentielle, sur le thème de l'emploi et de la vie chère.

"Je crois qu'il n'y a pas de fatalité et que la puissance publique doit assumer toutes ses responsabilités", a-t-elle dit devant 1 500 personnes réunies à d'Illkirch-Graffenstaden, près de Strasbourg.

Ségolène Royal a critiqué ceux qui "découvrent aujourd'hui qu'il y a une France qui souffre" alors que, "depuis cinq ans, c'est la brutalité, la rupture, la précarité".

"L'Etat, non seulement, peut servir à quelque chose, mais doit servir à quelque chose. Et la puissance publique doit assumer ses responsabilités. Dans la France d'aujourd'hui, on n'accepte plus des licenciements inciviques qui ne correspondent même pas à la réalité économique".

Accompagnée par les salariés d'une usine Suchard de Strasbourg où 123 suppressions d'emploi sont programmées, elle a dit vouloir "
se battre à côté d'eux pour que l'on n'accepte plus les licenciements inciviques qui ne correspondent même pas à la réalité économique. Ce sont des licenciements de confort parce que la mode est à la concentration industrielle, y compris dans des filières qui font des bénéfices. Ce chantage est insupportable. Il n'y a aucune fatalité. Je refuse ce renoncement. Avec vous, je veux construire la France qui se bat et la France qui se relève !

Quand le Medef, applaudi par la droite, parle de "séparabilité" des employeurs et des salariés, derrière ce mot, il y a le travailleur jetable. Les entreprises devront pérenniser les emplois si elles obtiennent des aides publiques, sinon elle devront rembourser. Les impôts seront modulés selon que les bénéfices sont réinvestis ou distribués. La France ne gagnera pas la bataille de l'emploi en fermant ses frontières. Je souhaite que l'Europe ne soit pas ouverte à tous les vents du libéralisme destructeur et que nous sachions mettre en oeuvre des mécanismes acceptables qui protègent notre industrie.

L'Europe devra cesser d'être naïve. Oui, l'Europe devra être un espace de protection pour sauver notre modèle social.

Si je suis en responsabilité et puisque nous aurons la présidence de l'Union européenne au premier janvier 2008, nous mettrons à plat ce qui se passe dans les autres continents, au premier lieu desquels les Etats-Unis qui savent très bien tenir un discours libéral mais organiser des protections sous des prétextes divers et variés
".

Il faut "utiliser tous les moyens pour protéger nos marchés, nos emplois, notre industrie tout en restant ouverts sur le monde, mais à armes égales".

Ségolène Royal veut s'appuyer "sur les propositions des organisations syndicales" pour "créer dans ce pays la démocratie sociale, car c'est une condition fondamentale de la réussite économique". Elle s'est engagée à "
généraliser les emplois-tremplins créés dans les régions de gauche depuis 2004, pour atteindre 500.000 emplois.

Au patriotisme économique, j'oppose le volontarisme économique. Je réhabiliterai la valeur travail
".

Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Mardi 19 décembre 2006 2 19 /12 /2006 12:12
François Hollande, premier secrétaire du PS
"Nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôt"
LE MONDE | 18.12.06 | 13h55  •  Mis à jour le 18.12.06 | 14h01


rojet fiscal contre projet fiscal : le débat s'aiguise à quatre mois du premier tour de l'élection présidentielle. Dans Les Echos, lundi 18 décembre, Thierry Breton, ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, propose la retenue à la source de l'impôt sur le revenu à partir du 1er janvier 2009. Les contribuables ne paieraient pas d'impôt sur leur revenu de 2008. François Hollande, premier secrétaire du PS, détaille dans Le Monde les mesures économiques et sociales d'un futur gouvernement de gauche.
Si la gauche revient au pouvoir, abrogerez-vous les mesures fiscales du gouvernement ?

Nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôt sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barème. Nous nous remettrons au niveau de 2002. De même, nous supprimerons le bouclier fiscal, dont on voit, avec Johnny Hallyday, qu'il ne convainc nullement certains de ses bénéficiaires de ne pas pratiquer l'exil fiscal. La retenue à la source est une technique, pas une réforme. Il y a de la supercherie électorale à laisser penser que les Français ne paieront pas d'impôt en 2008. Ils le paieront en 2009.

Vous reviendrez donc sur la réforme de l'ISF ?

Nous ferons une réforme de l'ISF qui maintienne la contribution des plus gros patrimoines à l'effort de solidarité sans pour autant favoriser l'évasion. Nous ferons en sorte que les entreprises familiales ne soient pas rachetées, pour des raisons fiscales, par des fonds d'investissement et ne voient pas ainsi leurs sièges délocalisés, comme c'est le cas depuis une dizaine d'années. Il faut autoriser la création de pactes d'actionnaires qui permettent à leurs signataires d'être soumis au même traitement que ceux qui sont dirigeants ou présents dans les conseils de surveillance. Si on ne vend pas ses titres pendant quinze ans, vingt ans, il est légitime de payer un impôt moins élevé. L'ISF doit jouer son rôle de cohésion sociale. Est-il acceptable que les dirigeants du CAC 40 aient une rémunération équivalente à 300 smic et protestent, en plus, sur le niveau excessif des prélèvements !

Exonérerez-vous partiellement la résidence principale de l'ISF ?

La hausse du prix de l'immobilier constitue un enrichissement pour ceux qui ont déjà un patrimoine. Ce serait paradoxal d'y ajouter un avantage fiscal. En revanche, je suis favorable à un système beaucoup plus incitatif pour l'acquisition. Plusieurs réformes sont possibles : opérer une distinction entre le foncier et l'immobilier, créer des systèmes de prêts hypothécaires plus longs, avoir des garanties collectives qui permettent d'accéder à la propriété alors qu'on ne dispose pas de patrimoine de départ.

La droite explore des pistes...

Une des idées les plus contestables, avancées par Nicolas Sarkozy, c'est la privatisation des logements du parc HLM. Elle créerait des situations de copropriétés impossibles à gérer pour les bailleurs sociaux et immobiliserait un patrimoine social dont le principe même doit être la mobilité de ses occupants. Les Français doivent accéder plus facilement à la propriété, mais hors du logement social.

Baisserez-vous les droits de mutation ?

Ils l'ont déjà été singulièrement, et notamment par des gouvernements de gauche. Aujourd'hui ces droits sont perçus par les collectivités locales ; leur suppression supposerait donc des compensations de la part de l'Etat. Mais je le dis clairement : il n'y aura pas de baisse du niveau des prélèvements obligatoires durant la prochaine législature. Tout candidat qui promettra une baisse des impôts, générale et massive, est soit dans le mensonge, soit dans l'irresponsabilité.

Quand on a un niveau d'endettement public proche de 60 % de la richesse nationale, toute baisse d'impôt est financée par emprunt. Tout avantage fiscal accordé doit donc être d'un rendement élevé, sinon il est payé par les générations futures. C'est à l'aune de ces deux principes que sera fondée notre politique budgétaire et fiscale.
Reverrez-vous à la baisse les dépenses de l'Etat ?

C'est l'efficacité de la dépense qui compte. Nous aurons à redéployer des moyens et des effectifs, à réorganiser un certain nombre de ministères et à remettre en cause des "aides" ou des dépenses fiscales sans contreparties effectives. Par exemple, en matière de logement, le dispositif De Robien aboutit à la construction de logements vides. Quant aux exonérations de cotisations sociales, elles dépassent 25 milliards d'euros, sans véritable contrepartie en termes d'emplois ! Nous les remettrons sous conditions.

Comment vous y prendrez-vous pour réformer les retraites ?

La droite a fait le plus facile, avec le départ avant 60 ans de ceux qui ont cotisé plus de 40 annuités. Elle a multiplié les injustices, notamment avec le système de la décote, et elle n'a rien réglé financièrement ; le déficit est là, 4 milliards d'euros en 2007, et un rendez-vous difficile s'annonce en 2008, alors même que les Français pensent avoir déjà consenti le plus gros de l'effort. Il faudra d'abord leur dire la vérité sur les comptes sociaux de demain et d'après-demain.

Ensuite, s'ouvrira une négociation avec les partenaires sociaux sur ce qu'il conviendra d'abroger de la réforme Fillon - les décotes qui touchent les carrières non complètes, notamment pour les femmes - et ce qu'il sera nécessaire d'ajouter. Ainsi, nous introduirons la règle de la pénibilité, métier par métier pour tenir compte des espérances de vie au moment du départ à la retraite et fixer à partir de ce critère les durées de cotisations. La négociation ne doit plus simplement porter sur le seul âge de la retraite, mais sur le temps de travail sur toute la vie. Le compte épargne temps, de ce point de vue, doit être complètement reconsidéré pour en faire un outil à la disposition de chacun afin d'organiser librement sa vie professionnelle.
La plupart des pays européens ont fait le choix de retarder l'âge de la retraite, à 67 ans en Allemagne.

Nous n'avons pas la même situation démographique que les Allemands. Notre taux de fécondité permet le renouvellement des générations et le solde migratoire des dernières années a contribué au rajeunissement de la population. Le problème majeur qu'il nous faut régler c'est celui du taux d'emploi. On entre trop tard et on quitte trop tôt le marché du travail. Il faut mettre fin à un comportement patronal qui écarte les seniors pour des questions de productivité et de rémunération. Pour maintenir les salariés dans l'entreprise, je propose de moduler les cotisations sociales en fin de carrière, de façon à dissuader les licenciements des plus de 55 ans.

Où prendrez-vous les marges de manoeuvre ?

Si l'on veut préserver un taux de remplacement d'au moins 75 % pour les petites et moyennes retraites, et ne pas allonger encore les durées de cotisation pour les métiers pénibles, il faudra créer une contribution de solidarité, calculée sur l'ensemble de la richesse produite et pas seulement sur le travail. Une sorte de CSG-retraite. Versée pour moitié par les salariés et les entreprises, elle couvrira aussi le risque dépendance. Enfin, il faudra repenser le dispositif de rachat de cotisations. Son coût est exorbitant, même pour les cadres entrés tard sur le marché du travail. Il faudra encourager fiscalement et socialement ces opérations.

Vous ne toucherez pas aux régimes spéciaux des retraites ?

Ces régimes devront évoluer par la négociation. Il y a des droits acquis : tout changement substantiel ne peut être accepté par les personnes qui sont depuis longtemps dans l'entreprise. En revanche, les conditions pourront évoluer pour les personnes nouvellement embauchées qui entrent dans ces régimes.

Comment inciterez-vous les Français à épargner pour leur retraite ?

L'essentiel pour nous est de préserver le système de répartition et non pas la capitalisation. Les produits que nous avons nous-mêmes contribué à mettre en place n'ont pas connu le succès espéré. Ce qu'il faut, c'est faire évoluer l'assurance-vie, le produit d'épargne préféré des Français, par rapport à l'objectif de préparation de la retraite.

Comment augmenter le pouvoir d'achat des salariés ?

Notre première décision sera d'ouvrir une conférence sur les salaires. Nous donnerons une visibilité à la progression du smic, 1 500 euros d'ici à la fin de la législature. Nous reverrons les minima salariaux dans l'ensemble des branches professionnelles et encouragerons les négociations par un nouveau mécanisme d'exonération des cotisations sociales : à chaque fois qu'il y aura augmentation de la masse salariale due à des embauches ou à des hausses de salaires, elles seront prolongées ; à défaut, elles seront progressivement supprimées. En outre, le passage à l'euro a induit une hausse des prix sans que l'indice l'ait mesuré. Un autre phénomène s'est produit : des oligopoles privés se sont installés dans l'eau, le téléphone, les services financiers, etc., provoquant un relèvement des prix. Il faudra dans tous ces domaines faire jouer une véritable concurrence et prévoir des tarifs sociaux pour les plus modestes. Enfin, le renchérissement de l'immobilier pèse sur le budget des ménages. C'est pourquoi notre projet prévoit l'instauration d'un bouclier logement afin que les ménages ne consacrent pas plus du quart de leurs revenus aux charges locatives. Nous créerons un service public de la caution qui permette aux foyers en situation de précarité ou d'instabilité de louer ou d'acheter.

Revenons à la BCE. Contestez-vous sa politique monétaire ?

Le vrai sujet, c'est l'euro cher qui pose un problème de compétitivité au sein même de l'Union. Alors que l'Allemagne engrange des excédents records, le déficit commercial de la France atteint un niveau historique : plus de 30 milliards d'euros. Avant de mettre en cause la BCE, il faut dénoncer la coupable, la négligence des gouvernements européens, qui n'utilisent pas les compétences que les traités leur confèrent. Les autorités politiques ne jouent pas leur rôle, ni de coordination, ni d'affirmation d'une politique de croissance, ni même d'une politique de change qui relève pourtant du Conseil européen. Je propose donc que s'engage, au plus vite, une discussion entre la zone euro, les Etats-Unis et la Chine pour trouver un accord de stabilisation des taux de change. Le système de Bretton Woods est mort, mais rien ne l'a remplacé. Il n'est pas normal que les fluctuations de change entre l'euro et le dollar altèrent à ce point les conditions de la concurrence. En termes de coordination, la première exigence est de faire vivre le gouvernement économique de l'Union européenne et d'autoriser des dérogations au pacte de stabilité pour les dépenses d'avenir (recherche, environnement, politiques territoriales, etc.).

Comment pouvez-vous juridiquement supprimer les stock-options ?

On ne peut pas les empêcher, mais on peut les dissuader. Je ne connais pas de meilleure arme que la fiscalité. Les généraliser à tous les salariés comme le propose l'UMP relève du miroir aux alouettes. Le salaire doit rester l'élément principal de toute rémunération à tous les niveaux de l'entreprise.

Les entreprises dénoncent l'insécurité juridique lorsqu'elles licencient...

L'insécurité juridique vaut d'abord pour le contrat nouvelle embauche (CNE) ; alors qu'il était censé donner de la souplesse aux entreprises, il est désormais contesté devant les tribunaux. Nous l'abrogerons. Le contrat de droit commun doit être le CDI. Les indemnités de licenciement seront significativement relevées, d'autant plus que l'ancienneté est grande et que l'obligation de reclassement n'est pas réalisée.  On dira que c'est une forme de taxe sur les licenciements. Oui, d'une certaine façon. Mais nous ouvrirons dans le même temps la perspective d'une sécurité professionnelle aux victimes d'un plan social : un contrat passé entre le chômeur et le service public de l'emploi pour établir un parcours de qualification avec une rémunération maintenue en contrepartie d'un effort rapide de retour vers l'emploi.

Sur quelle crédibilité appuyez-vous votre projet ?

La méthode compte presque autant que les mesures elles-mêmes. Il n'y aura pas de réussite durable sans un progrès en matière de démocratie sociale, de décentralisation et de rénovation de nos outils de décision. Je crois à la nécessité d'une programmation stratégique le temps d'une législature, établie en concertation avec les partenaires sociaux et les collectivités territoriales. Je n'ose pas dire d'un "plan". Mais c'est bien de cela qu'il s'agit !

Propos recueillis par Arnaud Leparmentier et Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 19.12.06
Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:41

Ségolène Royal réunissait samedi à Paris les premiers secrétaires fédéraux du Parti socialiste,ainsi que les trésoriers fédéraux, Renaud Lagrave et Dominique Savary y étaient, voici le discours de Ségoléne qui était précédé d'une présentation de la campagne, des débats participatifs à organiser ainsi que de l'articulation avec la campagne des législatives. La journée a été cloturée par François Hollande qui a souhaité une mobilisation du parti et de ses sections et s'est félicité des accords passés avec le PRG et le MRC.

"Droite et gauche, aujourd'hui, sont à égalité dans les starting blocks. Tout va se jouer dans la campagne, avec une exigence plus forte à notre égard que pour la droite.

L'état de la France n'est pas bon. Il y a de multiples fractures, il y a de multiples ruptures, il y a une montée des brutalités et des violences. Parallèlement, on voit monter une forme de crédibilité du Front national.

Ramener à gauche le vote populaire : il est là l'enjeu de 2007, nulle part ailleurs.

La façon dont nous allons nous adresser aux Français les plus éloignés de la politique va compter énormément. Il faut s'adresser en priorité à cette France qui pense ne compter pour rien: les travailleurs pauvres, les invisibles, les gens de peu, à ces millions de Français victimes de la politique de la droite, qui n'ont pas envie de voter ou iront vers les extrêmes si notre campagne ne répond pas à leurs préoccupations. Tout l'enjeu de cette campagne est de raccrocher les Français qui décrochent vers le mouvement de la France qui avance. Si on arrive à faire ce lien et à être crédibles dans les propositions que nous ferons, à ce moment-là les gens nous feront confiance.

Nous allons construire le projet présidentiel avec les Français. Nous allons organiser jusque début février des débats participatifs dans toute la France. Pour attirer dans ces réunions des Français qui ne sont jamais venus dans une campagne, je vous demande d'être imaginatifs. Trouvez des lieux sympathiques. Ça peut être des petites micro-réunions dans un quartier, dans une rue, dans un bistrot, dans un appartement. Pourquoi pas une tente itinérante qui va dans des quartiers populaires ? Pas de bla-bla, pas de discours pour rien, pas de formules recuites! Ecoutez attentivement les mots que disent les gens, à côté de vous, dans votre famille, chez vos voisins, dans vos quartiers, chez les commerçants". Notez-les, parce que là on est dans la vérité de ce que les gens pensent. Il faut que ça soit joyeux, et même ludique. Les gens attendent désespérément un changement des pratiques politiques. Cette démarche, ne la négligez pas !

Après cette phase d'échange avec les Français, nous établirons en février une hiérarchie des priorités.

Cette campagne sera sérieuse, joueuse, belle, créative. Elle sera imaginative. Et elle sera gagnante !"

Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Dimanche 17 décembre 2006 7 17 /12 /2006 15:36

Le Parti socialiste organisait le 13 décembre, un séminaire de travail sur le programme de l’UMP. Conclusion : un texte ramasse-tout mâtiné de libéralisme.

Sous couvert de « révolution politique », le programme électoral de l’UMP n’est rien de moins qu’une version relookée d’un capitalisme adapté aux seules exigences de ses promoteurs.

« Cette logique libérale sur le plan économique et social ne s’exprime pas de manière ouverte, elle se dissimule derrière la formule du « libre choix » individuel, ou de l’hymne récurrent au mérite », constate Alain Bergounioux, secrétaire national en charge des études.

« Derrière cette rhétorique, l’UMP pourfend les principes d’égalité et de solidarité. Selon son discours, chacun est comptable de ses réussites et de ses échecs. S’ensuit un lot de mesures qui laissent augurer le pire : nouvelle baisse de l’impôt sur le revenu, altération profonde des droits de succession, érosion de l’ISF…

L’hymne au travail, brandi comme un étendard, ne parvient pas à dissimuler une faiblesse concrète pour la rente et les situations acquises. Visiblement, le citoyen, dans la vie politique comme dans la vie sociale, n’est pas au coeur de la démarche d’une formation politique qui marque ainsi, sur ce point clef, sa fidélité à ses devancières, l’UNR, l’UDR et le RPR »

> Analyse critique du programme UMP (La note complète du secteur Études à télécharger en pdf)

Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /2006 09:20
"Je le signe tel qu'il est", a déclaré Ségolène Royal à l'issue d'une rencontre avec Nicolas Hulot.
Le Pacte prévoit cinq engagements : la création d'un poste de vice-premier ministre chargé du développement durable, la taxe sur les émissions de dioxyde de carbone, une réorientation de la politique agricole, le débat participatif sur les questions d'environnement et l'éducation à l'écologie.

Taxe sur les émissions de dioxyde de carbone : Ségolène Royal prône des baisses incitatives plutôt que des taxes punitives. "L’augmentation des impôts sur les énergies fossiles fragilise le pouvoir d’achat : les gens souvent n'ont pas le choix. Mieux vaut encourager les comportements vertueux en baissant la TVA sur toutes les énergies renouvelables, sur l'énergie solaire, sur les matériaux économes en énergie, sur les voitures propres, sur le transport collectif, sur les travaux d'isolation”.

Poste de vice-premier ministre chargé de l'environnement : "Si un tel poste était créé, il faudrait parallèlement un vice-Premier ministre "chargé de la question sociale et de l'emploi. Le développement économique durable s'appuie sur ces deux piliers.”

Ségolène Royal a proposé plusieurs "compléments" au pacte de Nicolas Hulot. Elle s'est notamment engagée à conditionner les permis de construire au respect de normes environnementales dans les nouveaux bâtiments. "Un plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens" permettrait de créer près de 450.000 emplois.

"Sur ces questions environnementales, il faut être visionnaire. Ça fait quinze ans que j'agis pour l'environnement."
Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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Jeudi 14 décembre 2006 4 14 /12 /2006 09:18
C'est un engagement que je prends dans le cadre de cette campagne: si je suis élue, tous les permis de construire devront obligatoirement intégrer les installations en énergie renouvelable", a annoncé Ségolène Royal lors d'une conférence de presse
"Dans le permis qui est déposé, toute construction devra intégrer ou l'énergie solaire, ou l'énergie éolienne, ou la géothermie, ou l'énergie bois et l'utilisation des écomatériaux. Les normes environnementales, si je suis élue, seront intégrées dans les autorisations administratives. Je le dis dès maintenant à la filière du bâtiment et la filière de la construction et à l'ensemble des artisans: l'élection, c'est dans cinq mois et donc ils doivent anticiper ces nouvelles normes".

Une telle mesure permettrait de faire baisser les charges des loyers et de consommation d'énergie pour les particuliers."Les charges baissent et ça permet de lutter contre le réchauffement climatique : c'est du gagnant-gagnant".

Ségolène Royal s'est également engagée à lancer "un plan national de grands travaux sur l'isolation des bâtiments anciens"."Il y a 40% d'énergie qui est gaspillée, qui s'échappe des habitations. Un tel plan permettrait de créer l'équivalent de 450.000 emplois.”
Par Renaud Lagrave - Publié dans : le blog des Landais
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