Vendredi 26 janvier 2007
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Pour Thierry Repentin, rapporteur du budget logement au Sénat et porte-parole du groupe PS sur cette thématique, il est indispensable que l’État reprenne le dossier en main et intervienne pour pouvoir construire davantage, et plus rapidement, des logements sociaux.
Quelle est la situation du logement laissée par la droite ?
Le logement est le premier poste budgétaire de nos concitoyens. Il représentait 14 % de nos dépenses en 1984,contre près de 25 % aujourd’hui ! Les loyers du secteur privé ont augmenté de 25 %, l’accession à la propriété de 72 %. La part des logements mis sur le marché à prix abordables, par rapport aux plus chers, est en chute libre (voir infographie). L’État privilégie les investisseurs privés et dépense plus (logements Borloo,de Robien) pour des logements chers que pour le logement social. Le bilan de la droite,chacun peut le constater, c’est le renchérissement du coût de la construction et des acquisitions.
La loi dite SRU impose des pourcentages de création de logements sociaux aux communes qui refusent la mixité. Quel est le bilan de son application ?
La loi SRU, adoptée par la gauche en 2000, prévoit une obligation pour les communes de proposer 20 % de logements sociaux. 780 communes ne remplissent pas cette obligation. Parmi elles, 154 n’avaient pas construit un seul logement social, alors que la loi leur en fait l’obligation. Il faudra être plus incisif à l’égard des maires récalcitrants. Augmenter leur contribution de solidarité. Prévoir que l’État puisse se substituer au maire. Il n’est pas admissible qu’on dise aux gens « vous êtes les bienvenus pour venir travailler » et qu’on leur refuse le droit d’être citoyen. Il faut s’assurer que sur ces communes ne puissent plus être délivrés de permis de construire si les nouvelles constructions ne prévoient pas une part de logements sociaux. On pourrait citer plusieurs ministres qui, dans les communes où ils sont maires, n’appliquent pas la loi. Comment croire alors en leurs déclarations d’intentions, favorables au droit au logement opposable ?
Quelles sont les principales propositions des élus socialistes ?
Pour les élus socialistes, il est indispensable de réinverser les priorités de l’État. Il faut construire rapidement beaucoup plus de logements sociaux. L’objectif des 120 000 est incontournable si l’on veut loger nos concitoyens en tenant compte de leurs revenus. Nous devons mobiliser les ressources foncières de l’État pour les mettre au bénéfice de ce rattrapage. Une revalorisation de l’aide au logement (APL) s’impose. D’une façon générale les élus socialistes jugent indispensable que l’État se ressaisisse en responsabilité de ce dossier. L’État doit être un vrai pilote. Laisser faire le marché, c’est l’inadéquation assurée de l’offre et de la demande. Le logement n’est pas un bien comme les autres. Sans intervention de l’État, nous ne construirons pas suffisamment de logements. Ni de logements à des prix accessibles à tous.
Que ressentez-vous à l’annonce du décès de l’abbé Pierre ?
La disparition de l’abbé Pierre intervient au moment où nous allons débattre du droit au logement opposable. Une notion qui n’aurait jamais vu le jour sans son propre combat. Nous savons tous que ce n’est pas sous cette majorité que ce droit sera effectif, que ce sera à la nouvelle majorité de le bâtir. Sa disparition pèsera sur nos débats et on peut espérer qu’elle contraigne les plus farouches opposants au logement social à se taire, au moins pour respecter la mémoire du porte-parole des sansvoix et des sans-toit.
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