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PARTI SOCIALISTE. -- Le député des Landes demande au PS de durcir la campagne contre Nicolas Sarkozy plutôt que de verser dans l'autoflagellation
| : Lionel Niedzwiecki |
Henri Emmanuelli est en colère. Mais, à la différence de bon nombre de hiérarques du PS, ce ne sont pas les ratés de la campagne de Ségolène Royal ni la baisse dans les sondages qui concentrent sa mauvaise humeur, mais bien les déclarations de Nicolas Sarkozy. « Nous assistons à quelque chose de proprement surréaliste, soupire le député des Landes. Le numéro 2 du gouvernement depuis cinq ans, président de l'UMP, se présente comme le candidat de la rupture, et l'on trouve ça normal ! Il dit vouloir s'inspirer du contrat nouvelle embauche pour le contrat de travail unique, fait rectifier le tir par son entourage le lendemain, et on en reste là ! Il propose de supprimer les cotisations patronales sur les heures supplémentaires, et personne ne parle des répercussions désastreuses sur le marché de l'emploi. En réalité, les seuls propos qui ne sont pas surprenants dans la bouche du candidat de l'UMP, ce sont ses références à Jaurès : on doit toujours attendre du vice un hommage à la vertu. »
Silencieux. Henri Emmanuelli n'hésite pas à parler de « complaisance des analystes » et de « malversation intellectuelle » dès qu'il s'agit de Nicolas Sarkozy, alors que dans le même temps il juge que « rien n'est épargné à la candidate socialiste ». Pour l'ancien premier secrétaire du PS, le temps est venu de « durcir la campagne et de se montrer plus pugnace face à une droite qui ne doute de rien ». Voilà pourquoi, dit-il, il a demandé une « meilleure coordination dans la campagne socialiste ».
Sur les sujets qui agitent en interne le PS, comme l'amateurisme apparent de Ségolène Royal, l'absence de feuille de route, la mise à l'écart des caciques et la « privatisation » du parti, Henri Emmanuelli reste silencieux. Il dit ne pas vouloir verser dans l'« autoflagellation ». Pas moyen, par exemple, de lui faire commenter les « gaffes » de la présidente de Poitou-Charentes. « Je constate simplement que le nombre de sous-marins nucléaires est devenu une question cruciale dans ce pays. Croyez-moi, il y a davantage à craindre de la politique étrangère défendue par Pierre Lellouche que des approximations de Ségolène Royal sur nos sous-marins. »
Différence. Le 1er mars, la candidate socialiste tiendra à Mont-de-Marsan son premier meeting de campagne dans la région Aquitaine. A l'espace François-Mitterrand. Tout un symbole. Henri Emmanuelli sera à ses côtés. « D'ici là, je suggère à Ségolène de mettre en exergue les propositions qui figurent dans le projet socialiste en matière de fiscalité, d'emploi et de pouvoir d'achat, afin de bien marquer notre différence avec la politique du gouvernement. Nous possédons deux atouts majeurs : le bilan de la droite et l'attente des Français. La victoire ne dépend que de nous. »
La fédération des Landes du Parti Socialiste a l'honneur de recevoir un meeting national de Ségolène ROYAL, le premier et seul meeting en Aquitaine avant Bordeaux.
Ce meeting aura lieu:
Lors d'un débat participatif à Grenoble sur la jeunesse, Ségolène Royal, a affirmé qu'elle "serait la présidente de la République de laFrance métisse
Je veux une France qui accepte ce qu'elle est devenue -- plurielle, diverse, colorée -- s'en réjouisse et sache en tirer partie. Je veux une France qui reconnaisse comme ses enfants légitimes tous ceux dont les familles sont venues d'ailleurs et qui sont aujourd'hui français à part entière.(...)
Comme le dit Jamel, l'ascenseur social reste bloqué au sous-sol et ne dessert plus les étages du haut, et le modèle que l'UMP propose à nos enfants face aux grandes transformations du monde peut se résumer à peu près à ceci -- +sois compétitif, ne pense qu'à toi et tais-toi+ -- est cela que vous voulez ?(...)
Ce sont les exonérations fiscales qui sapent la valeur travail, ce sont les rémunérations exorbitantes de certains patrons qui sapent la valeur travail, et je veux faire en sorte que le travail soit moins taxé que le capital.(...)
Je ne veux pas de cette société du tous contre tous et du chacun pour soi qu'un autre nous prépare, je ne veux pas d'un projet où la jeunesse est infantilisée, considérée comme une menace, un danger. Je veux, moi, une société qui vous fait confiance.
Il y a ceux qui pensent que les jeunes sont un problème, qui n'en parlent qu'en terme de délinquance, qui ne cessent de les stigmatiser. Moi, je pense que les jeunes ne sont pas un problème: ils sont la solution.(...)
La situation dans les banlieues se dégrade. Le couvercle a été mis avec l'espoir qu'il tienne jusqu'à l'élection.
On pourra envoyer tous les bataillons de police et de gendarmerie que cela n'y changera rien, par les mots de la provocation, rien n'est réglé.
Je pense à Bouna, Zyed et Muhittin, aux jeunes électrocutés de Clichy et je dis à leur famille que nous n'aurons de cesse que la vérité soit connue dans la tragédie qui a pris leur vie au delà des mensonges du ministre de l'Intérieur. (...)
Il n'y a pas deux jeunesses, l'une vouée à l'excellence et l'autre condamnée à l'échec. Il n'y en a qu'une, la jeunesse de France.(...)
J'ai besoin que vous gardiez intacts votre goût du combat, vos colères, vos refus. Car la France a besoin de votre capacité d'indignation, de mobilisation, d'imagination.
Je veux contribuer à vous offrir une perspective, je veux que nous bâtissions ensemble une nouvelle donne avec la jeunesse de France.
Je veux une France qui donne sa chance à tous les jeunes, à chaque jeune, pour qu'il puisse prendre sa part à la construction de notre destin commun. (...)
L'exploitation du jeune en stage, qui est jeté puis remplacé par un autre jeune n'est plus une solution acceptable et la loi mettra de l'ordre juste dans ce domaine.(...)
Je souhaite mettre en place un droit au premier emploi pour les jeunes diplômés et qualifiés.(...)
Je souhaite aussi une allocation d'autonomie du jeune adulte.
Pourquoi ne pas demander (aux étudiants qui la perçoivent) du temps pour faire du soutien scolaire aux jeunes qui décrochent dans les collèges et dans les lycées ?(...)
Il faut une nouvelle génération de logements pour les jeunes étudiants, les jeunes travailleurs. Cette responsabilité reviendra aux régions et l'Etat leur transmettra les moyens financiers qui leur permettront de monter très rapidement en charge.(...)
Je n'accepterai pas que le débat soit dévoyé, escamoté par le jeu de pièges, de manoeuvres subalternes, de harcèlements injurieux ou illicites. Le combat ne sera pas facile.(...)
Ceux qui se demandent tous les jours si je vais tenir et même s'il faudrait changer de candidate. Ces médias amis du pouvoir, qui relaient tous les coups, tous les pièges, toutes les chausse-trapes, je leur dis ce soir qu'avec vous, nous n'avons pas peur et que nous resterons debout !".
LOGEMENT. -- Le deuxième débat participatif, organisé avant-hier soir à Mont-de-Marsan, a été illustré par la situation dans les Landes
L'état des lieux du PS
| : Lionel Niedzwiecki |
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| Mont-de-Marsan. Le débat sur le logement ouvert par le PS, jeudi soir, a renvoyé à la question des salaires PHOTO NICOLAS LE LIEVRE |
Pas de doute : le logement sera bien l'un des thèmes clefs de la campagne présidentielle. Et s'il n'y avait pas foule, avant-hier soir au château de Nahuques, à Mont-de-Marsan, pour le deuxième débat participatif du PS, c'est probablement moins en raison du thème abordé que des intempéries.
Premier constat : La crise du logement ne laisse personne indifférent. Essentiellement parce qu'elle renvoie à la question des salaires et du pouvoir d'achat. Dans les Landes comme ailleurs. « Un jeune couple, qui démarre dans la vie n'a pas les moyens d'accéder à la propriété »... « Les loyers sont trop chers par rapport à la moyenne des salaires »... « Depuis 2001, l'APL ne cesse de baisser »... « Il y a pénurie de logements sociaux ». Voici quelques-unes des phrases qui sont le plus souvent revenues dans le débat, jeudi soir.
L'état des lieux est implacable. Joël Goyheneix, le maire et conseiller général de Rion-des-Landes, par ailleurs président de l'office public départemental d'HLM, ne s'est pas privé d'enfoncer le clou avec quelques données locales suffisamment parlantes pour ne pas dissiper le malaise.
Pouvoir d'achat. Sur les revenus d'abord. Plus de 70 % des ménages landais peuvent prétendre à un logement HLM. Logement social ne rime donc pas forcément avec cas social. Et l'on comprend mieux pourquoi 5 000 demandes sont en attente dans les bureaux de l'office public départemental. « Le logement HLM était censé correspondre à une période transitoire. Ce n'est plus vrai aujourd'hui » constate Joël Goyheneix.
Le pouvoir d'achat ensuite. Plus d'un tiers du revenu des ménages sont consacrés au logement. Et il n'est pas rare que la barre des 50 % soit atteinte. Les propriétaires-bailleurs sont confrontés à une recrudescence des impayés. Les offices HLM n'échappent pas à la règle : 20 % en moyenne chaque mois dans les Landes. « Au risque de vous choquer, nous nous sommes même trouvés en situation de devoir expulser des Rmistes, témoigne le président de l'office public départemental. D'autant qu'après trois mois de loyers impayés, la CAF suspend les aides personnalisées au logement. Avec pour effet d'alourdir la dette, qui sera indirectement prise en charge par les autres locataires. »
Double crise. De l'autre côté de la barrière, il y a les propriétaires. Dans les Landes, ce sont très majoritairement de petits épargnants, qui ne possèdent qu'un seul logement. Croyant profiter des avantages de la loi de Robien, beaucoup se sont lancés dans l'achat de produits défiscalisés avec au bout du compte une énorme déception : celle de ne pas trouver d'occupants en raison de loyers prohibitifs. « Crise de l'offre, crise de la demande : on se rend bien compte que la loi du marché a des effets dévastateurs en matière de logement, constate un militant. Il faut revenir à une régulation par l'Etat. ».
Dans cette optique, Renaud Lagrave, le premier secrétaire du PS landais, a tenté de convaincre la salle que le Parti socialiste et Ségolène Royal avançaient des propositions de nature à juguler la crise : mise en place d'un bouclier pour que le logement ne représente pas plus de 25 % du budget des ménages, objectif de construction de 120 000 logements sociaux par an, revalorisation de l'APL, construction de nouvelles résidences étudiantes, mise en place d'une garantie mutualisée du risque pour les propriétaires-bailleurs. Des réponses et une question ouvertes : celle du droit opposable au logement, qui manifestement fait débat, en particulier chez les élus locaux (lire par ailleurs).
Les débats participatifs du PS se poursuivent à Capbreton, le vendredi 2 février, sur le thème de l'environnement et du développement.
| Droit opposable | ....... |
Le service de Chirac.
La question du droit opposable, posée par Jacques Chirac, a plané sur le débat du PS, jeudi soir. Sans que vraiment les participants ne puissent mesurer la pertinence de la proposition. Chargé de la synthèse de la soirée, le député Alain Vidalies a néanmoins expliqué que le détenteur d'un droit opposable pouvait demander des dommages et intérêt si le droit en question n'était pas pris en compte. Mais pris en compte par qui ? C'est là toute la question, celle qui effraie le plus les élus locaux.
« A l'évidence, ni les privés, ni les collectivités ne sont en mesure de satisfaire pleinement le droit au logement, a plaidé Alain Vidalies. Reste l'Etat. Jacques Chirac apporte la démonstration que la question du logement ne peut se régler par la seule loi du marché. Il nous rend un fier service, à nous les socialistes, qui avançons cette idée depuis longtemps »
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